L'essentiel
Le premier tour de l'élection présidentielle est fixé au dimanche 18 avril 2027 et le second au dimanche 2 mai 2027, selon le calendrier arrêté en Conseil des ministres le 1er juillet 2026 1 . Un candidat ne peut financer sa campagne que par son apport personnel, les dons de personnes physiques, les contributions des partis et des prêts de partis ou d'établissements de crédit ; les prêts de particuliers lui sont interdits 2 . Le remboursement public est plafonné à 47,5 % du plafond des dépenses pour les candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés, et à 4,75 % pour les autres, à condition que le compte de campagne ne soit pas rejeté 2 . Plusieurs banques se montrent réticentes à prêter ; selon Reuters, la Fédération bancaire française a demandé au Premier ministre une garantie de l'État 3 4 .
Les règles
Fait établi
Les ressources d'un candidat à l'élection présidentielle sont limitées : apport personnel, dons de personnes physiques (4 600 euros au plus par donateur pour une même élection, tous candidats confondus), contributions des partis ou groupements politiques, et emprunts auprès d'établissements de crédit ou de partis politiques. Selon le guide de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), « les emprunts contractés auprès de personnes physiques sont rigoureusement interdits pour financer une campagne présidentielle » 2 . Les particuliers peuvent en revanche prêter, sous conditions, aux partis politiques, qui peuvent à leur tour prêter à leur candidat 5 .
Fait établi
Tous les candidats dont le compte de campagne est déposé dans les délais et n'est pas rejeté bénéficient d'un remboursement forfaitaire de l'État. Il ne peut excéder ni les dépenses remboursables, ni l'apport personnel du candidat diminué du solde du compte, ni un maximum légal : 4,75 % du plafond des dépenses pour un candidat ayant obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés, 47,5 % au-delà 2 . Le montant est arrêté par la CNCCFP après examen du compte, puis versé par le ministère de l'intérieur, diminué de l'avance forfaitaire de 200 000 euros versée à la publication de la liste des candidats 2 . Le montant du plafond des dépenses pour 2027 n'est pas repris ici, faute de l'avoir vérifié sur une source officielle.
La réticence des banques
Fait établi
Selon la presse, plusieurs banques françaises sont réticentes à financer les campagnes présidentielles, par crainte de ne pas être remboursées, notamment si le candidat n'atteint pas 5 % ou si son compte est rejeté, et pour des raisons d'image 3 4 . Début octobre 2026, certains candidats déclarés disaient avoir trouvé un prêteur, d'autres non 3 . Le 6 octobre 2026, Marine Le Pen a déclaré que les banques françaises sollicitées avaient « toutes refusé » 6 .
Fait établi
Selon Reuters, qui cite une source proche du dossier, la Fédération bancaire française a demandé officiellement au Premier ministre des garanties de l'État pour le financement des campagnes ; son futur président, Olivier Gavalda, a jugé que « la bonne solution est de passer par l'État » 4 . Matignon et les banques ont travaillé pendant l'été sur un « pool » de banques et une garantie partielle de l'État, l'objectif affiché étant de limiter le recours à des financements étrangers ; des responsables de gauche y ont vu un soutien indu à la candidate du Rassemblement national 3 4 . Selon La Libre Belgique, le dispositif ne figurait pas dans le projet de loi de finances pour 2027 présenté le 1er octobre 2026 3 .
Fait établi
La « banque de la démocratie », défendue par François Bayrou puis reprise par Emmanuel Macron en 2017, n'a jamais été créée 3 . Un médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques existe ; il peut être saisi en cas de difficulté à obtenir un prêt bancaire, le code électoral ne prévoyant pas de droit au prêt 2 .
Le débat
Interprétationlectures divergentes
Trois options sont discutées. Autoriser les prêts de particuliers aux candidats à la présidentielle, comme pour les autres scrutins : Marine Le Pen l'a proposé le 7 octobre 2026, en reconnaissant qu'il « faudrait changer la loi » 5 6 . Accorder une garantie de l'État aux prêts bancaires : c'est la demande de la Fédération bancaire française 4 , critiquée par des responsables de gauche 3 . Maintenir les règles actuelles, qui laissent le financement dépendre de l'appréciation des banques. Ces options font des arbitrages différents entre égalité des candidats, indépendance financière et risque pour les finances publiques ; nous n'avons pas trouvé d'évaluation officielle de leurs effets.
Ce qu'on ne sait pas
La décision du gouvernement sur une éventuelle garantie de l'État.Le sort de la proposition d'autoriser les prêts de particuliers , qui supposerait de modifier la loi de 1962 relative à l'élection présidentielle, de valeur organique 5 .Les candidats qui n'obtiendront pas de financement , et l'effet sur la liste finale des candidats.
Sources
Service-public.fr (Direction de l'information légale et administrative), « Les dates de l'élection présidentielle de 2027 sont annoncées », 2 juillet 2026. www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A15053 ↑
CNCCFP, « Guide à l'usage des candidats à l'élection du Président de la République et de leur mandataire », édition 2026-2027, adopté le 26 mars 2026. cnccfp.fr/wp-content/uploads/2026/04/Guide-a-lusage-des-candidats-a-lelection-du-President-de-la-Republique.pdf ↑
Source secondaire : La Libre Belgique, Laure de Charette, « Présidentielle 2027 en France : pourquoi tant de candidats ont-ils du mal à financer leur campagne ? », 5 octobre 2026. www.lalibre.be/international/europe/elections-france/2026/10/05/presidentielle-2027-en-france-pourquoi-tant-de-candidats-ont-ils-du-mal-a-financer-leur-campagne-6OBCJHZODBBGDAPORCBN4M3AMU/ ↑
Reuters, via Boursorama, « Les banques veulent des garanties pour les prêts aux candidats à la présidentielle de 2027, confirme Gavalda », 31 juillet 2026. www.boursorama.com/bourse/actualites/les-banques-veulent-des-garanties-pour-les-prets-aux-candidats-a-la-presidentielle-de-2027-confirme-gavalda-d27dc07a4b448b99ff164ca6f705f465 ↑
Source secondaire : Hassan Kohen, avocat, « Prêter de l'argent pour la présidentielle 2027 : interdit au candidat, encadré pour les partis, ce que changerait la réforme voulue par Marine Le Pen », 8 octobre 2026 (analyse juridique d'un cabinet d'avocats). kohenavocats.com/preter-argent-presidentielle-2027-candidat-interdit-parti-reforme-marine-le-pen/ ↑
Source secondaire : Le Journal de l'économie, « Marine Le Pen recalée par toutes les banques veut changer la loi pour emprunter aux Français », 10 octobre 2026. www.journaldeleconomie.fr/marine-le-pen-recalee-par-toutes-les-banques-veut-changer-la-loi-pour-emprunter-aux-francais-je-nai-plus-le-choix/ ↑
Historique
8 octobre 2026 : première publication. 13 octobre 2026 : chiffres, dates et décisions relus sur les sources d'origine. Le 13 octobre 2026, correction du remboursement public : les candidats sous 5 % ne sont pas privés de remboursement, mais celui-ci est plafonné à 4,75 % du plafond des dépenses (47,5 % au-delà) ; ajout des contributions des partis parmi les ressources ; retrait d'une position prêtée au médiateur du crédit, non sourcée ; sources primaires (CNCCFP, Service-public.fr) ajoutées.
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