L'essentiel
En 2025, l'IGPN a mené 1 007 enquêtes judiciaires, contre 914 en 2024 ; 322 portaient sur l'usage de la force, contre 428 en 2024, 519 en 2023 et 868 en 2019 1 2 . Douze personnes sont mortes à la suite de tirs policiers en 2025, contre seize en 2024 ; le nombre de blessés graves recensés est passé de 72 à 86 1 . L'IGPN a été saisie de 341 atteintes à la probité en 2025, contre 234 en 2024, soit une hausse de 45 % 1 2 . Ces chiffres ne couvrent pas la gendarmerie et ne comptent que les affaires confiées à l'IGPN, qui n'est saisie que des cas les plus graves selon son directeur 1 .
Ce que publie l'IGPN
Fait établi
Le rapport annuel 2025 de l'IGPN a été présenté le 23 septembre 2026 par son directeur, Stéphane Hardouin. Selon les comptes rendus de franceinfo et de l'AFP, l'IGPN a mené 1 007 enquêtes judiciaires en 2025, contre 914 en 2024. Parmi elles, 322 visaient l'usage de la force, contre 428 en 2024, 519 en 2023 et 868 en 2019, le niveau le plus bas depuis 2015 selon franceinfo 1 2 . Nous n'avons pas trouvé le rapport lui-même en ligne : ces chiffres sont repris de la presse.
Fait établi
Selon les mêmes comptes rendus, douze personnes sont mortes en 2025 à la suite de l'usage d'une arme à feu par des policiers, contre seize en 2024. L'IGPN a été saisie de dix de ces cas ; six enquêtes avaient été clôturées et classées au moment de la présentation du rapport, quatre étaient en cours. Le nombre de blessés graves recensés en lien avec des interventions de police est passé de 72 en 2024 à 86 en 2025 (108 en 2023) 1 .
Interprétation
Selon le directeur de l'IGPN, la baisse des saisines pour usage de la force s'explique en partie par l'absence, en 2025, de grandes mobilisations comparables à celles des gilets jaunes en 2019 ou aux violences urbaines de 2023 1 .
Fait établi
L'IGPN a été saisie de 341 atteintes à la probité en 2025 (corruption, trafic d'influence, prise illégale d'intérêts, favoritisme, détournement de fonds publics, concussion, ainsi que détournements de fichiers et violations du secret professionnel), contre 234 en 2024. Ces faits ont donné lieu à 235 enquêtes, une enquête pouvant porter sur plusieurs infractions 1 2 .
Ce que ces chiffres ne disent pas
À noter
Une enquête de l'IGPN n'est ni une condamnation ni la preuve d'une faute : elle peut aboutir à un classement sans suite, à des poursuites ou à des sanctions administratives. Inversement, des faits peuvent ne jamais faire l'objet d'une enquête de l'IGPN, par exemple lorsqu'ils sont traités par les services locaux ou ne sont pas signalés. Ces chiffres ne portent que sur la police nationale, et non sur la gendarmerie.
Témoignageallégation non établie
Selon un rapport de l'ONG Flagrant déni publié en novembre 2025, cité dans une question écrite d'un député, les cellules départementales de déontologie ne publient aucune statistique sur leurs enquêtes et ne transmettent pas leurs données à l'IGPN 3 . Dans sa réponse publiée le 11 août 2026, le ministère de l'Intérieur ne commente pas ce point ; il indique que l'essentiel des enquêtes en matière de déontologie est mené par les directions nationales et les services déconcentrés, et que l'outil OSADIS donne à la police nationale « une vision globale, statistique et qualitative » des enquêtes administratives pré-disciplinaires 3 . Ces données ne sont pas publiées.
Interprétationlectures divergentes
Le rapport a été publié pendant l'examen d'une proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 7 juillet 2026 4 . Selon Politique Matin, ses partisans invoquent la baisse des affaires d'usage de la force pour soutenir que les policiers agissent avec retenue, tandis que ses opposants mettent en avant la hausse des atteintes à la probité 5 . L'ONG Flagrant déni estime pour sa part que l'IGPN, rattachée au ministère de l'Intérieur, ne présente pas les garanties d'indépendance suffisantes ; le ministère répond que les enquêtes judiciaires de l'IGPN sont menées sous l'autorité de magistrats 3 . Les données disponibles ne permettent pas de trancher.
Ce qu'on ne sait pas
Le nombre de condamnations de policiers pour violences, rarement publié de manière consolidée.L'activité des services locaux de déontologie , dont les statistiques ne sont pas publiées.Le nombre de réclamations relatives à la déontologie de la sécurité adressées au Défenseur des droits pour 2025 : son rapport annuel, publié en avril 2026, indique que l'usage excessif de la force reste le motif de réclamation le plus fréquent dans ce domaine, mais nous n'avons pas trouvé de chiffre précis 6 .
Sources
franceinfo, « Tirs mortels en baisse, affaires de corruption en hausse... Quatre infos à retenir du rapport annuel de l'IGPN, "la police des polices" », 23 septembre 2026. www.franceinfo.fr/faits-divers/police/tirs-mortels-en-baisse-affaires-de-corruption-en-hausse-quatre-infos-a-retenir-du-rapport-annuel-de-l-igpn-la-police-des-polices_8206238.html ↑
Source secondaire : AFP, repris par 20 minutes (Suisse), « France : les enquêtes visant des policiers corrompus explosent », 23 septembre 2026. www.20min.ch/fr/story/france-les-enquetes-visant-des-policiers-corrompus-explosent-103637864 ↑
Assemblée nationale, question écrite n° 11781 de M. Abdelkader Lahmar, « Police des polices : à quand une réelle transparence ? », publiée au JO le 16 décembre 2025, réponse du ministère de l'Intérieur publiée le 11 août 2026. www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE11781.pdf ↑
Assemblée nationale, texte adopté n° 328, proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions, 7 juillet 2026. www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0328_texte-adopte-seance.pdf ↑
Source secondaire : Politique Matin, Jehanne Duplaa, « IGPN 2025 : un rapport qui exacerbe les divisions politiques autour de la légitime défense », 23 septembre 2026. www.politiquematin.fr/igpn-2025-rapport-exacerbe-divisions-politiques-autour-legitime-defense ↑
Défenseur des droits, rapport annuel d'activité 2025, dossier de presse, avril 2026. www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2026-04/ddd_rapport-annuel-2025_dossier-de-presse_20260402.pdf ↑
Historique
8 octobre 2026 : première publication. 13 octobre 2026 : chiffres, dates et décisions relus sur les sources d'origine. Le constat sur les cellules locales de déontologie était attribué à tort à la réponse du gouvernement : il figure dans la question du député, qui cite un rapport de l'ONG Flagrant déni. Le texte sur l'usage des armes est une proposition de loi adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 7 juillet 2026, et non un projet du gouvernement.
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