L'essentiel
L'objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) est fixé à 278,7 milliards d'euros pour 2027 dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale déposé le 1er octobre 2026, soit une hausse de 2,0 % à champ constant 1 . En 2025, les indemnités journalières représentent 17,9 milliards d'euros sur 113,7 milliards de dépenses de soins de ville, selon la Cour des comptes 2 . La fraude détectée liée aux arrêts de travail atteint près de 49 millions d'euros en 2025 selon le bilan de l'Assurance maladie 4 ; la fraude non détectée sur ce poste n'est pas chiffrée publiquement. La hausse des dépenses d'arrêts de travail s'explique en partie par la hausse des salaires et en partie par des arrêts plus nombreux et plus longs, dont les causes sont débattues 3 .
Où va l'argent
Fait établi
L'Ondam fixe chaque année un plafond de dépenses pour l'assurance maladie. La loi de financement pour 2026 l'avait fixé à 274,4 milliards d'euros, dont 117,5 milliards pour les soins de ville, 112,8 milliards pour les établissements de santé, 18,3 milliards pour les établissements et services pour personnes âgées et 16 milliards pour ceux destinés aux personnes handicapées 5 . Le projet de loi pour 2027 ramène l'objectif 2026 à 273,3 milliards, soit 1,1 milliard de moins 1 .
Fait établi
Pour 2027, le projet fixe l'Ondam à 278,7 milliards d'euros : 118,3 milliards pour les soins de ville, 116,0 milliards pour les établissements de santé, 18,8 milliards pour les personnes âgées et 16,3 milliards pour le handicap 1 . Il prévoit 5,1 milliards d'euros d'économies nouvelles, dont 2,1 milliards sur les produits de santé et 1 milliard sur les indemnités journalières d'assurance maladie, pour financer 1,2 milliard de dépenses nouvelles 1 . Il s'agit d'un projet : le Parlement peut modifier ces montants.
Fait établi
Selon la Cour des comptes, les dépenses de soins de ville atteignent 113,7 milliards d'euros en 2025 (montant provisoire), dont 35,0 milliards de produits de santé et 17,9 milliards d'indemnités journalières, ce dernier poste étant en hausse de 4,6 % sur un an, contre 3,5 % pour l'ensemble des soins de ville 2 . La Cour note une hausse marquée des arrêts liés aux accidents du travail et des arrêts maladie de plus de trois mois 2 .
Les arrêts de travail
Fait établi
Pour le seul régime général (hors arrêts liés au Covid, à la grippe et hors professions libérales), les indemnités journalières de maladie représentent près de 11,3 milliards d'euros en 2025 3 . Leur croissance a ralenti à 2,3 % en 2025, contre 6,4 % en 2024, principalement du fait de la baisse du plafond de revenu pris en compte, passé de 1,8 à 1,4 fois le Smic au 1er avril 2025 3 .
Fait établi
Entre 2019 et 2025, les dépenses liées aux arrêts maladie de moins de trois mois ont augmenté de 4,4 % par an en moyenne et celles des arrêts de plus de trois mois de 6,7 % par an, contre respectivement 3,7 % et 4,1 % entre 2014 et 2019 3 .
Interprétation
Une partie de la hausse est un effet prix : quand les salaires augmentent, les indemnités, calculées sur le salaire, augmentent aussi. Une autre partie tient au nombre et à la durée des arrêts. La Cour des comptes juge l'accélération depuis la crise sanitaire « pour partie inexpliquée », même si le vieillissement de la population active et la hausse des salaires y contribuent 2 .
Interprétationlectures divergentes
Pour les uns, la hausse traduit des abus et un recours trop facile aux arrêts, qu'il faut mieux contrôler. Pour les autres, elle reflète une dégradation de la santé au travail, la hausse des troubles psychiques et musculosquelettiques et le vieillissement des actifs. La fraude détectée sur les arrêts de travail est faible au regard des montants en jeu (près de 49 millions d'euros en 2025 4 ), mais la fraude non détectée n'est pas mesurée publiquement pour ce poste ; les données disponibles ne permettent pas de trancher.
Fait établi
Le projet de loi de finances pour 2027 (article 2) prévoit de soumettre les indemnités journalières maladie et accidents du travail à la CSG au taux de 9,2 %, celui des revenus d'activité et du complément de salaire versé par l'employeur, au lieu du taux réduit de 6,2 % 6 . Le 7 octobre 2026, la commission des finances de l'Assemblée nationale a adopté un amendement supprimant cette hausse ainsi que la fiscalisation prévue des indemnités versées en cas d'affection de longue durée et d'accident du travail 7 . Ce vote en commission n'est pas définitif : le texte doit encore être examiné en séance.
Fait établi
Le projet de loi de financement pour 2027 prévoit aussi une concertation entre médecin traitant, médecin du travail et médecin-conseil pour les arrêts de plus de trente jours présentant un risque de désinsertion professionnelle 1 .
Ce qu'on ne sait pas
La part des arrêts injustifiés. Aucune estimation officielle publiée ne la chiffre à ce jour.Le poids respectif des causes de la hausse : salaires, vieillissement, santé mentale, conditions de travail.L'effet des économies prévues , qui dépend du vote du Parlement et des comportements des patients et des prescripteurs.
Sources
Assemblée nationale, projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, déposé le 1er octobre 2026 (articles 2 et 43 et exposé des motifs). www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/PRJLANR5L17B3211.html ↑
Cour des comptes, rapport sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale, mai 2026, chapitre « Un Ondam tenu en 2025 mais une trajectoire qui reste à infléchir ». www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-05/20260527-RALFSS-2026-2-Ondam-tenu-en-2025-mais-trajectoire-restant-a-inflechir.pdf ↑
Direction de la sécurité sociale, rapport d'évaluation des politiques de sécurité sociale (maladie), indicateur 2.13.1 « Dynamique des indemnités journalières versées par la branche maladie », édition 2026. evaluation.securite-sociale.fr/home/maladie/2121-dynamique-des-indemnites-jo.html ↑
Source secondaire : TF1 Info, « Fraude à l'Assurance maladie : 723 millions d'euros détectés et stoppés en 2025 », 16 avril 2026, d'après le bilan de l'Assurance maladie. www.tf1info.fr/societe/securite-sociale-fraude-a-l-assurance-maladie-723-millions-d-euros-detectes-et-stoppes-en-2025-un-chiffre-en-hausse-2436432.html ↑
Banque des Territoires, « Loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 : quels crédits ? quelles nouveautés ? », 6 janvier 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). www.banquedesterritoires.fr/loi-de-financement-de-la-securite-sociale-pour-2026-quels-credits-quelles-nouveautes ↑
Légifiscal, Damien Péan, « PLF 2027 : la fiscalité des indemnités journalières durcie pour les arrêts de travail », 7 octobre 2026. www.legifiscal.fr/actualites-fiscales/4675-plf-2027-fiscalite-indemnites-journalieres-durcie-arrets-travail.html ↑
Assemblée nationale, commission des finances, amendement n° I-CF384 à l'article 2 du projet de loi de finances pour 2027 (n° 3210), adopté. www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/3210A/CION_FIN/CF384.pdf ↑
Historique
8 octobre 2026 : première publication. 13 octobre 2026 : chiffres, dates et décisions relus sur les sources d'origine. Les économies prévues sur les indemnités journalières en 2027 sont de 1 milliard d'euros selon le projet de loi, et non 2 milliards ; la hausse de CSG sur les indemnités journalières figure dans le projet de loi de finances, et non dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, et a été supprimée en commission des finances le 7 octobre 2026.
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